
L'Assemblée nationale a adopté, au cours d'une séance publique présidée par le deuxième vice-président de l'institution parlementaire, M. El Hassan Cheikh Baha, deux projets de loi autorisant la ratification d'un accord de prêt et d'un accord-cadre de financement sous forme de vente à tempérament. Ces accords, signés le 9 mars 2026 entre la Mauritanie et la Banque islamique de développement (BID), visent à financer la construction et l'équipement d'un hôpital de référence pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l'enfant à Nouakchott.
Si l'initiative est saluée par les députés, une question essentielle reste en suspens : alors qu'un centre hospitalier mère-enfant existe déjà dans la capitale, où sera précisément situé ce nouvel établissement pour maximiser son impact sanitaire ?
Un financement conséquent pour un hôpital de 440 lits
Présenté par M. Edy Zeine, ministre de l'Industrie et des Mines, assurant l'intérim du ministère de l'Économie et du Développement, le projet s'inscrit dans les priorités du programme du Président Mohamed Cheikh El Ghazouani en matière d'amélioration des prestations sanitaires.
Le nouvel hôpital disposera d'une capacité de 440 lits et offrira des services spécialisés aux mères, nouveau-nés et enfants. Son coût global est estimé à 68,35 millions d'euros, dont 6,94 millions d'euros à la charge du gouvernement mauritanien.
Le projet comprend les travaux de génie civil, la fourniture et l'installation des équipements médicaux, du mobilier et des systèmes informatiques, ainsi que des actions de formation, de recherche et d'appui technique.
Un centre hospitalier mère-enfant existe déjà… et bien situé
Il est important de rappeler que la capitale mauritanienne dispose déjà d'un centre hospitalier mère-enfant, facilement accessible aux usagers car desservi par cinq axes routiers exceptionnels :
-Un venant du carrefour Madrid ;
-Un deuxième du centre-ville côté Mosquée Ibn Abass ;
-Un troisième du centre-ville via la Socogim Ksar;
-Un de Tevragh Zeina;
-Un de Teyarett
Cette position stratégique facilite l'accès aux soins pour les populations de toute l'agglomération. Dès lors, la question se pose : quel sera l'apport spécifique du nouvel hôpital par rapport à cette infrastructure existante ?
Le principal défi : choisir le bon emplacement
S'il s'agit bien de construire un nouvel hôpital de référence et non de remplacer l'actuel, alors le principal challenge sera, sans conteste, sa position géographique.
Les autorités compétentes doivent dès maintenant méditer sur cette équation incontournable pour maximiser l'impact sanitaire sur les populations cibles. Plusieurs critères devront guider ce choix :
-La couverture des zones mal desservies – Les quartiers périphériques de Nouakchott, en forte expansion démographique, souffrent souvent d'un accès difficile aux soins spécialisés ;
-La disponibilité foncière – Trouver une parcelle suffisamment vaste à un emplacement stratégique relève du défi dans une capitale saturée ;
-La desserte en transports – L'hôpital doit être relié aux grands axes pour éviter d'allonger les délais d'accès aux urgences obstétricales et néonatales ;
-La complémentarité avec l'existant – Loin de faire concurrence à l'actuel centre mère-enfant, le nouvel établissement doit former un réseau cohérent.
Les députés saluent le projet en exigeant certaines garanties
Dans leurs interventions, les députés ont estimé que la construction de cet hôpital renforcera l'accès des mères et des enfants aux services de santé spécialisés et consacrera davantage le principe de justice sanitaire.
Ils ont également salué les performances du personnel médical et administratif du Centre hospitalier mère-enfant actuel, malgré les contraintes techniques et logistiques auxquelles il fait face.
Les parlementaires ont enfin insisté sur trois points essentiels :
-Le respect des délais d'exécution et des normes techniques ;
-L'évitement de toute hausse des coûts et des retards dans la mise à disposition des services ;
-L'investissement dans les ressources humaines et la maintenance, parallèlement aux infrastructures.
Une avancée majeure à condition de bien choisir le terrain
L'adoption de ces deux projets de loi par l'Assemblée nationale ouvre la voie à un renforcement significatif de l'offre de soins maternels et infantiles en Mauritanie. Le montant des financements et la capacité de 440 lits témoignent de l'ambition du projet.
Reste que la réussite de cet hôpital de référence ne dépendra pas seulement de ses équipements ou de la formation de son personnel. Son emplacement sera le facteur décisif pour qu'il profite réellement aux populations cibles, sans faire double emploi avec l'infrastructure existante.
Les autorités gagneraient à associer les acteurs locaux et les experts en planification sanitaire à cette réflexion stratégique, afin que ce bel investissement ne perde pas son efficacité à cause d'un mauvais choix géographique. Les citoyens, eux, attendent désormais des réponses claires sur ce point.

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