
Le sommet Africa Forward entre ce mardi 12 mai 2026 dans sa deuxième journée, placée sous le signe de la politique. Après un lundi consacré aux affaires et au dialogue avec le secteur privé, la capitale kényane accueille 32 chefs d’État et de gouvernement, dont 28 présidents attendus selon l’Élysée. Trois absents de poids – les dirigeants du Mali, du Burkina Faso et du Niger – marquent toutefois cette rencontre, tandis que les discussions porteront sur l’industrialisation, la transition énergétique et la réforme de l’architecture financière internationale.
Une journée politique avec 32 dirigeants attendus
Ce mardi 12 mai, Nairobi passe du volet économique au volet politique. Vingt-huit chefs d’État devaient faire le déplacement, rejoints par plusieurs chefs de gouvernement et vice-présidents. Emmanuel Macron avait annoncé le 10 mai, à la veille du sommet, que « les pays d’Afrique de l’Ouest seront présents ».
Parmi les invités, trois grands absents retiennent l’attention : les dirigeants du Mali, du Burkina Faso et du Niger, trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) qui ont rompu brutalement avec Paris. Leur absence, hautement symbolique, ne semble toutefois pas entamer la volonté des organisateurs de maintenir un dialogue large avec le continent.
Le secteur privé au cœur du sommet
Lundi, la première journée du sommet était axée sur l’économie avec un forum d’affaires réunissant des chefs d’entreprises françaises et africaines. Le président kényan William Ruto avait clairement fixé le cap la veille de l’ouverture : « Nous ne sommes pas en quête d’aide ou de prêts, mais d’investissements. »
L’Élysée souhaite une discussion franche, directe et sans tabou avec les dirigeants des grandes entreprises présentes sur le continent – CMA CGM, Orange, la kényane Equity Bank ou encore TotalEnergies. Ces entreprises représentent plus de 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires en Afrique, des dizaines de milliards d’investissements annuels et près d’un million d’emplois.
Les requêtes des PDG : stabilité et partage des risques
Les dirigeants d’entreprises réclament davantage de stabilité et des règles fiscales plus prévisibles. Dans leurs requêtes, ils prônent des procédures plus rapides et de nouveaux mécanismes de partage des risques – des garanties indispensables selon eux pour intensifier leurs investissements sur le continent.
« Le diagnostic est partagé. Les solutions sont connues », écrivent une large partie de ces PDG dans une tribune du journal Le Figaro. Au cœur des préoccupations : des taux d’intérêt toujours très élevés qui freinent les velléités d’investissement, en particulier dans les infrastructures, où le manque de financements se fait cruellement sentir.
Ce mardi, la « coalition des dirigeants » aura l’occasion de demander directement aux chefs d’État un environnement plus prévisible et moins risqué.
Réforme de l’architecture financière internationale
Autre thématique phare des discussions : la réforme de l’architecture financière internationale. Ce projet, porté conjointement par les présidents français et kényan, vise à rendre le système financier mondial plus équitable et mieux adapté aux besoins de développement des pays du Sud. Les questions de paix et de sécurité sur le continent africain figureront également au programme des débats.
23 milliards d’euros d’investissements annoncés pour l’Afrique
En clôture du forum des affaires lundi, Emmanuel Macron a annoncé un montant significatif : 23 milliards d’euros d’investissements pour l’Afrique. Cette somme se décompose en 14 milliards d’euros de financements français et 9 milliards apportés par des investisseurs africains.
Les 14 milliards d’euros français comprennent des investissements d’acteurs privés (entreprises, fondations, fonds d’investissement) ainsi que des projets portés par les opérateurs publics de l’aide au développement – l’Agence française de développement (AFD), Proparco et la Direction générale du Trésor. Ces montants couvrent tous types d’instruments financiers : prêts, subventions et prises de participation.
Des secteurs prioritaires clairement identifiés
L’Élysée a défini plusieurs secteurs prioritaires :
-Transition énergétique : 4,3 milliards d’euros ;
-Numérique et intelligence artificielle : 3,76 milliards ;
-Économie bleue : 3,3 milliards ;
-Agriculture : 1 milliard ;
-Santé : 942 millions d’euros ;
-Industrialisation : 300 millions ;
-Secteur bancaire et financier : 250 millions
Le président français a promis que ces investissements « vont créer plus de 250 000 emplois directs en France et en Afrique ».

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