Affaire Ould Ghadda Vs Bis TP | Mauriweb

Affaire Ould Ghadda Vs Bis TP

mer, 18/03/2026 - 12:15

Le jugement récemment rendu dans le Dossier Mohamed Ould Ghadda marque une étape importante dans un dossier qui, depuis des mois, alimente interrogations et indignation. Mais au-delà de la décision judiciaire elle-même, une question essentielle demeure : celle des responsabilités réelles dans l’exécution des travaux, et en particulier celle de l’entreprise en charge du projet.

Car si le débat public s’est longtemps focalisé sur les défaillances techniques – fissures prématurées, affaissements, dégradations rapides – il apparaît désormais évident que ces dysfonctionnements ne peuvent être réduits à de simples aléas ou à des facteurs externes. Ils interrogent directement la qualité de l’exécution, le respect des normes et, en dernier ressort, la responsabilité de l’entreprise adjudicataire.

 Le jugement vient poser un cadre juridique. Il établit des faits, identifie des manquements, et ouvre la voie à une clarification attendue. Mais il ne saurait constituer un point final. Au contraire, il doit être considéré comme un point de départ pour une mise en cause plus large des acteurs impliqués.

Dans ce dossier, un nom s’impose : celui de la société Bis TP, de  Zein Abidine. En tant qu’entreprise en charge de l’exécution des travaux, elle se trouve au cœur du dispositif. À ce titre, elle ne peut rester en marge des conséquences d’un projet qui a manifestement failli à ses obligations.

 Dans tout projet d’infrastructure, la chaîne de responsabilité est claire : si l’État définit, supervise et réceptionne, c’est bien l’entreprise qui exécute. Et c’est à ce niveau que se joue, concrètement, la qualité de l’ouvrage.

L’un des maux récurrents dans la gestion des marchés publics réside dans l’absence de sanctions effectives à l’encontre des entreprises défaillantes. Trop souvent, les responsabilités se diluent, les contrats se renégocient, et les mêmes acteurs continuent d’opérer, malgré des bilans contestés.

Ce jugement offre l’opportunité de rompre avec cette logique. Il impose d’aller au bout du raisonnement : si des manquements sont établis, alors les responsabilités doivent être assumées, y compris par les entreprises exécutantes.

Dans ce cadre, la mise en cause de Bis TP ne relève pas d’une posture, mais d’une exigence de cohérence.

Au-delà du cas spécifique, c’est la crédibilité de l’action publique qui est en jeu. Car un État qui ne sanctionne pas les défaillances dans l’exécution de ses projets envoie un signal préoccupant : celui d’une tolérance implicite à la médiocrité, voire à la négligence.

À l’inverse, engager la responsabilité des entreprises, y compris les plus établies, constitue un message fort en faveur de la transparence, de la rigueur et de la bonne gouvernance.

Le jugement rendu ne doit donc pas être perçu comme une conclusion, mais comme une ouverture. Une ouverture vers une clarification complète des responsabilités, dans laquelle la société Bis TP devra nécessairement être entendue, et le cas échéant, mise en cause.

Car au fond, l’enjeu dépasse largement un chantier ou une entreprise. Il s’agit de savoir si, enfin, la chaîne de responsabilité dans les marchés publics sera appliquée dans toute sa rigueur.

Et si les défaillances constatées auront, cette fois, des conséquences à la hauteur des attentes des citoyens.