Avec « Une ambassade dans la poche ! », on ne parle plus de critique, mais de pure fiction. | Mauriweb

Avec « Une ambassade dans la poche ! », on ne parle plus de critique, mais de pure fiction.

jeu, 02/04/2026 - 10:21

Qui en veut à l’ambassadeur Ould Brahim Khlil ? Qui se cache derrière ces torchons publiés à son encontre ? Il est évident que leurs auteurs nourrissent un ressentiment marqué : l’un vient d’être radié de la fonction publique,en l’occurrence Kidé Mohamed Al Habib, l’autre a été éloigné de la capitale européenne, Bruxelles. Mais leur colère n’est pas seulement personnelle : elle révèle une incapacité à accepter le succès, le dynamisme et la rigueur.

Cette fois, cependant, un seuil est franchi. Les insinuations laissent place à des accusations d’une gravité extrême — détournement de fonds publics, fraude, abandon de mission — lancées sans la moindre preuve, sans aucun élément vérifiable.

Il faut mesurer ce que cela signifie. Prétendre qu’un ambassadeur aurait, pendant cinq ans, perçu des loyers publics à titre personnel, sans qu’aucun service de contrôle, aucune autorité administrative ou financière ne s’en aperçoive ni n’intervienne, revient à accuser l’État tout entier de faillite. Une telle thèse n’est pas seulement fragile : elle est absurde. Elle ne relève que du scénario et de la mise en scène.

Le mécanisme est grossier : fabriquer un récit sensationnaliste qui donne l’illusion d’un scandale. Mais derrière les effets d’annonce, le vide est total : pas de sources, pas de preuves, pas de contradictoire. Rien, sinon une logorrhée, martelée jusqu’à saturation.

Et comme souvent dans ce type d’entreprise, la cible n’est pas choisie au hasard. Il s’agit d’un brillant diplomate de la République. Le ministre des Affaires étrangères et son secrétaire général sont également attaqués avec la même obsession, dans une hostilité répétée qui finit par révéler ce qu’elle est réellement : une décompensation schizophrénique.

En réalité, les torchons de Kidé ne sont pas de simples articles : ils dévoilent une stratégie concertée entre lui et ses relais, dont un conseiller récemment rappelé de Bruxelles. Ensemble, ils orchestrent une véritable mécanique de dénigrement, fondée sur la dramatisation et la répétition : l’affirmation tient lieu de preuve, la répétition remplace la démonstration. Leur objectif ? Mettre systématiquement en cause ce qui réussit, tout en s’affranchissant des exigences les plus élémentaires de rigueur et d’honnêteté intellectuelle.

Dans ce spectacle de rancune, l’un des traits les plus révélateurs de l’auteur est sa croyance farouche que répéter des accusations infondées suffit à les transformer en vérité. À défaut de pouvoir contester les faits ou les succès réels, il se console en lançant des salves répétées de mensonges, espérant que l’ombre de la calomnie finira par masquer l’éclat de la réussite.

Sa colère théâtrale n’est pas fortuite : elle n’exprime rien d’autre qu’une jalousie maladive face aux succès remportés par un ambassadeur connu pour son dynamisme et son opposition à l’immobilisme : en Allemagne, Ould Brahim Khlil a profondément renforcé la visibilité et la densité des relations entre Berlin et Nouakchott. L’enveloppe financière accordée par l’Allemagne à la Mauritanie est passée de 16 millions d’euros à son arrivée à Berlin en 2014 à 62 millions d’euros avant son départ de Berlin en 2023. Dans le même temps, les visites ministérielles croisées se sont multipliées, témoignant d’un partenariat en plein essor.

Depuis son arrivée à Bruxelles en 2023, la même dynamique est à l’œuvre : plusieurs visites présidentielles ont déjà été organisées, et la coopération avec l’Union européenne et l’OTAN s’intensifie sensiblement.

Dès lors, l’acharnement maladif de l’auteur et de ses relais prend une dimension encore plus révélatrice : incapables de contester les résultats, ils s’acharnent à les dénigrer. Quand les faits résistent, ils se réfugient dans le soupçon ; quand les succès s’accumulent, ils préfèrent les attaquer plutôt que de les reconnaître.

 

Mohamed Ould Mohamed Salem