
Un nouvel acteur politique fait son entrée sur la scène mauritanienne. Le parti « Mouvement Populaire Progressiste – Hashd » a officiellement lancé, dimanche soir à Nouakchott, ses activités politiques, quelques jours après l’obtention de son agrément du ministère de l’Intérieur.
La cérémonie, organisée à l’hôtel Khater, marque l’aboutissement d’un processus de création que ses dirigeants décrivent comme semé d’obstacles, mais aussi le point de départ d’un projet politique qui ambitionne de s’imposer dans un paysage partisan déjà fragmenté.
Un parti à ancrage idéologique assumé
Composé notamment de figures issues du courant nassérien en Mauritanie, “Hashd” se présente comme une formation à vocation nationale, ouverte à tous les Mauritaniens, sans distinction.
Ses fondateurs revendiquent un socle idéologique centré sur : les principes de justice sociale, l’unité nationale, les valeurs de libération et de souveraineté et l’identité arabo-africaine du pays.
Avec un objectif affiché : constituer un cadre politique fédérateur pour les « patriotes » attachés à ces valeurs.
Un lancement sous le signe de la résilience
Dans son intervention, le secrétaire général du parti, Ahmed Bab Abdel Jalil, est revenu sur les étapes de la création du mouvement, évoquant des « pressions » ayant marqué le processus.
Sans entrer dans les détails, il a insisté sur la capacité des fondateurs à surmonter ces obstacles, depuis l’obtention du récépissé provisoire jusqu’à la reconnaissance officielle.
Selon lui, “Hashd” entend apporter une « valeur ajoutée » au débat politique national, à travers une vision globale couvrant les dimensions politiques, économiques et sociales.
Un discours centré sur la justice sociale
Le président du parti, Akhyarhom Ould Hammadi, a quant à lui placé la question de la justice au cœur de son propos.
Pour lui, une grande partie des difficultés que connaît la Mauritanie trouve son origine dans son absence : inégalités sociales, marginalisation, sentiment d’injustice
Il a ainsi appelé à la construction d’un État fondé sur la citoyenneté, où la justice constituerait le socle du vivre-ensemble.
Un appel à un État civil et à la redéfinition du rôle de l’armée
Dans une prise de position notable, le président de “Hashd” a également plaidé pour : l’instauration d’un État civil et le retour de l’armée à son rôle traditionnel.
à savoir : la défense du territoire et la participation au développement, sans implication directe dans la gestion politique.
Une déclaration qui s’inscrit dans un débat récurrent en Mauritanie sur la place de l’institution militaire dans la vie publique.
Des positions sur les dossiers sensibles
Lors de la conférence de presse qui a suivi, les dirigeants du parti ont abordé plusieurs questions nationales et régionales.
Sur la question de l’esclavage et du passif humanitaire
Le parti appelle à une approche « courageuse et responsable », fondée sur : la reconnaissance du passé, l’application effective des lois et la réparation économique et sociale des populations affectées
Sur le dialogue national
“Hashd” plaide pour un dialogue inclusif, sans exclusion, reposant sur : la transparence, la clarté des objectifs, l’engagement à appliquer les conclusions
Avec un accent particulier sur : la gouvernance, la justice sociale et l’unité nationale.
Sur les dynamiques politiques internes
Le parti a salué le retour en Mauritanie d’un membre du mouvement “FLAM”, y voyant un signe d’évolution positive et une opportunité de dépassement des clivages.
Sécurité régionale : un avertissement sur le Mali
Sur le plan régional, “Hashd” a exprimé son inquiétude face à la situation au Mali, marquée par une instabilité persistante. Le parti appelle : à privilégier le dialogue, à éviter l’escalade, à préserver l’unité du Mali. Tout en soulignant un point central : la sécurité du Mali est indissociable de celle de la Mauritanie. Une position qui reflète les interconnexions sécuritaires dans l’espace sahélien.
Une entrée en scène à confirmer
Avec ce lancement, “Hashd” s’ajoute à une offre politique déjà dense, mais cherche à se distinguer par : son positionnement idéologique, son discours social et son appel à un État civil.
Reste à savoir si cette formation parviendra à transformer ses ambitions en ancrage réel sur le terrain politique.
Dans un contexte marqué par des attentes sociales fortes et des défis sécuritaires persistants,
la capacité du parti à dépasser le stade du discours sera rapidement mise à l’épreuve.

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