
Au lendemain du Conseil des ministres tenu mercredi matin, plusieurs membres du gouvernement ont apporté des précisions sur les principales décisions et communications adoptées. C’était lors d’un point de presse animé en soirée par le porte-parole du gouvernement, M. Houssein Meddou, aux côtés des ministres de l’Emploi et des Affaires économiques.
Dans son intervention liminaire, le porte-parole du gouvernement a indiqué que le conseil avait examiné et adopté plusieurs projets de lois et décrets. Il a notamment cité des textes relatifs à des conventions d’échanges commerciaux, de coopération économique et technique, ainsi qu’à la promotion et la protection réciproque des investissements, signés entre la Mauritanie et le Qatar.
L’ordre du jour portait également sur un projet de décret relatif à l’obligation de l’enseignement de base, et sur deux communications majeures : la mise en œuvre de la création de 30 000 emplois et la préparation du 3e plan d’action de la Stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée (SCAPP) 2026-2030. Le porte-parole a ensuite cédé la parole à ses homologues pour plus de détails.
Feuille de route pour l’emploi des jeunes
Le ministre de l’Autonomisation des Jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service civique, M. Mohamed Abdallahi Louly, est longuement revenu sur les mécanismes de mise en œuvre de la promesse présidentielle de créer 30 000 opportunités d’emplois pour 2026-2027.
M. Louly a structuré son intervention autour de quatre axes. Il a d’abord dressé un bilan des actions engagées à travers les 42 projets structurants et les 307 autres impulsés dans le cadre du programme d’urgence pour le développement local. Selon lui, 35 757 emplois directs ont été générés durant la mise en œuvre des premiers projets, suivis de 7 204 autres. Il a souligné que ces postes, même ponctuels, ont permis aux jeunes de renforcer leurs capacités.
Concernant les compétences mobilisées, le ministre a fait état d’une main-d’œuvre diversifiée, avec 4 790 travailleurs, 2 664 techniciens de creusage, et 2 612 spécialistes en électricité et réseaux. Il a mis en avant la transparence des recrutements, notant que plus de 20 000 opportunités ont été publiées sur la plateforme nationale jobs.mr.
Pour la période 2026-2027, le ministère prévoit la création de 20 055 emplois en 2026 et 23 220 en 2027.
Abordant le défi de la "mauritanisation" des postes, M. Louly a insisté sur la nécessité d’adapter les compétences aux besoins du marché. Un travail conjoint sera mené avec le département de la Formation professionnelle pour identifier les zones d’emploi futur et orienter la formation des jeunes.
En matière de gouvernance, il a rappelé que la politique nationale de l’emploi est désormais examinée au sein du Conseil national du Dialogue social, cadre de concertation entre l’État, le patronat et les travailleurs.
Interrogé sur les critères d’âge, le ministre a précisé que si la limite de 35 ans pour la "jeunesse" est un standard des Nations Unies et de l’Union Africaine, elle ne s’applique pas aux 3 000 recrutements prévus dans la fonction publique.
Partenariat avec le Qatar et nouvelle phase de la SCAPP
Le ministre des Affaires économiques et du Développement, M. Abdallahi Souleymane Cheikh Sidiya, a pour sa part détaillé les deux projets de lois relatifs aux conventions avec le Qatar, visant à développer les échanges commerciaux et à protéger mutuellement les investissements.
M. Cheikh Sidiya a également fait un point sur la préparation du 3e plan d’action quinquennal de la SCAPP (2026-2030). Ce dernier plan, conçu pour accélérer la croissance et lutter contre la pauvreté, s’articulera autour d’indicateurs mesurables, en lien avec les objectifs de développement durable et le programme présidentiel "Mon ambition pour la patrie".
Soutien aux hydrocarbures et stabilité des prix
Le ministre des Affaires économiques est aussi revenu sur la réunion du comité ministériel chargé de suivre la crise au Moyen-Orient. Il a assuré que l’État prend les mesures nécessaires pour éviter toute rupture de stocks et maintenir des prix abordables sur le marché.
À ce titre, il a révélé que l’État subventionne chaque litre de gasoil à hauteur de 200 ouguiyas, pour faire face à la flambée des cours mondiaux (le baril de pétrole étant passé de 70 à 103$). Alors que les prix augmentent dans la sous-région, il a appelé les citoyens à rationaliser leur consommation de carburant pour alléger la charge sur le Trésor public.
Démenti formel sur un incident frontalier avec le Mali
Enfin, le porte-parole du gouvernement, M. Houssein Meddou, a fermement démenti les allégations circulant sur une prétendue incursion de l’armée malienne sur le territoire national ou la détention de soldats maliens en Mauritanie. Il a qualifié ces informations de "fausses nouvelles", précisant que l’ambassadeur du Mali avait été convoqué et que le ministère des Affaires étrangères avait publié un communiqué à ce sujet. Il a réaffirmé que le pays est sécurisé sur l’ensemble de son territoire et à ses frontières, tout en rappelant l’engagement humanitaire de la Mauritanie, sous l’égide de l’ONU, en faveur des réfugiés de la sous-région.

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