
C’est dans un climat de mobilisation diplomatique intense que les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’OTAN se réunissent cette semaine au siège de l’Alliance à Bruxelles. Cette rencontre, l’une des dernières avant le Sommet de La Haye prévu fin juin, vise à renforcer les capacités collectives de défense, consolider le soutien à l’Ukraine et adapter les partenariats face aux défis globaux.
La première sortie de Marco Rubio, sur fond de deuil et d'engagement américain renouvelé
La rencontre a été marquée par la première participation du nouveau secrétaire d’État américain, Marco Rubio, représentant l’administration Trump II. Dès l’ouverture des travaux, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, lui a adressé ses condoléances pour la mort tragique de quatre soldats américains lors d’un exercice en Lituanie : « Nos pensées vont aux familles, aux amis, aux collègues de ces soldats. Nous saluons les efforts des États-Unis, de la Lituanie, de la Pologne et de l’Estonie pour leur récupération. »
Saluant « la diplomatie infatigable »de Marco Rubio ces derniers mois, Mark Rutte a tenu à souligner l’engagement de longue date du sénateur envers l’Alliance. Il a également remercié l’administration Trump d’avoir « débloqué l’impasse » diplomatique en lançant un processus de négociation soutenu par tous les Alliés pour parvenir à une paix durable en Ukraine.
Défense : un sursaut transatlantique
Le secrétaire général de l’OTAN a mis en lumière la progression des dépenses militaires, citant « la plus grande vague d’investissements en défense depuis la chute du mur de Berlin », avec plus de 700 milliards de dollars de dépenses additionnelles cumulées par le Canada et l’Europe depuis le premier mandat Trump. Rien qu’au cours du premier trimestre 2025, les Alliés ont fourni plus de 20 milliards de dollars d’aide à l’Ukraine.
Pour autant, l’administration américaine attend davantage de ses partenaires : « L’engagement des États-Unis dans l’OTAN reste fort, mais les Alliés européens et le Canada doivent encore augmenter leurs contributions », a déclaré Marco Rubio.
Menaces convergentes et alliances renforcées
Au-delà de l’Ukraine, les ministres ont abordé les menaces croissantes posées par la Russie, la Chine, la Corée du Nord et l’Iran, des acteurs de plus en plus interconnectés selon l’OTAN. « Ces deux théâtres – euro-atlantique et indo-pacifique – deviennent indissociables », a alerté un haut responsable de l’Alliance.
Dans ce contexte, l’OTAN entend renforcer ses liens avec ses partenaires de l’Indo-Pacifique (Japon, Corée du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande), notamment pour stimuler la production industrielle de défense.
Flanc sud et Balkans : ne rien négliger
Un haut responsable de l’OTAN a rappelé que la stabilité du flanc sud reste essentielle pour l’Alliance, évoquant l’ouverture prochaine d’un bureau de liaison à Amman, l’élargissement du mandat de la mission en Irak (NMI), ainsi que la mobilisation d’outils existants comme le Hub pour le Sud ou l’Initiative de renforcement des capacités de défense.
La région des Balkans, récemment visitée par le secrétaire général, demeure également prioritaire. « Nous ne permettrons pas que sa stabilité soit compromise », a insisté l’OTAN.
À Bruxelles, l’OTAN réaffirme sa volonté de s’adapter à un monde instable, en resserrant les rangs transatlantiques et en diversifiant ses partenariats. Un message fort, à quelques mois d’un sommet de La Haye déjà annoncé comme crucial. Dans une époque marquée par la résurgence des menaces transversales, l’OTAN cherche à adapter ses partenariats, ses moyens et sa vision. À Bruxelles, l’Alliance entend non seulement garantir la sécurité de ses membres, mais aussi affirmer un rôle accru dans la stabilité globale, du flanc est de l’Europe jusqu’aux rivages de l’Afrique et du Moyen-Orient.
Envoyé spécial à Bruxelles – Le Quotidien de Nouakchott