
Sous le haut patronage de la Première Dame, Mme Mariem Mohamed Fadel Dah, Mme Safia Mint Ntahah, ministre de l’Action sociale, de l’Enfance et de la Famille, a présidé, ce vendredi soir à Nouakchott, une table ronde consacrée à la santé mentale des femmes victimes de violence.
Organisée par l’Observatoire national des droits de la femme et de la fille, en collaboration avec l’association internationale « Médiateurs internationaux multilingues », cette rencontre s’inscrit dans le cadre des activités marquant la célébration de la Journée internationale de la femme.
Un cadre d'échange pour des recommandations concrètes
Cette table ronde a réuni des universitaires, des experts, des professionnels de la santé, des représentants de la société civile ainsi que des partenaires internationaux. L'objectif était clair : ouvrir un débat sérieux et responsable sur le lien complexe entre la violence subie et la santé mentale des femmes, et formuler des recommandations concrètes pour améliorer la prise en charge psychologique et sociale des victimes, y compris les femmes réfugiées.
L'événement a également permis de rappeler les acquis obtenus par les femmes et de réaffirmer la volonté commune de poursuivre l'action en faveur de la promotion de leurs droits et de la préservation de leur dignité.
L'engagement des plus hautes autorités salué
Dans son allocution d'ouverture, la présidente de l’Observatoire national des droits de la femme et de la fille, Mme Mahla Ahmed Talebna, a tenu à exprimer sa profonde gratitude à la Première Dame, Mme Mariem Mohamed Fadel Dah, pour l'attention constante et le soutien précieux qu'elle accorde aux questions relatives aux femmes, aux enfants, à la famille et aux personnes en situation de handicap.
Elle a également salué l'engagement du Président de la République, M. Mohamed Cheikh El Ghazouani, en faveur des droits des femmes et des filles. « La création de l’Observatoire s’inscrit dans le cadre de sa vision visant à promouvoir la société, à renforcer la justice sociale et à ancrer les valeurs d’équité et de protection de la dignité humaine pour tous les citoyens », a-t-elle souligné.
Mme Mahla Ahmed Talebna a par ailleurs salué la décision de la ministre de l’Action sociale, de l’Enfance et de la Famille d’instaurer une semaine de célébration du 8 mars, qui s’étendra du 8 au 15 mars, permettant ainsi de multiplier les initiatives de sensibilisation et de plaidoyer.
Elle a insisté sur une vision globale du phénomène de la violence : « La violence à l’égard des femmes n’est pas seulement un phénomène social, c’est aussi une question relevant de la santé publique, des droits de l’homme et du développement de la société. » Elle a enfin remercié les partenaires de l’Observatoire pour leur coopération, qui a grandement contribué au succès des travaux de cette table ronde.
Violence et santé mentale : un impact psychologique aux répercussions profondes
Intervenant au nom du ministre de la Santé, M. Cheikh Mohamed Fadel Egouhi, coordinateur du Programme national de santé mentale et de lutte contre les addictions, a livré un témoignage percutant sur les conséquences psychologiques de la violence.
« La violence à l’égard des femmes n’est pas un simple incident passager, mais un véritable séisme psychologique dont les répercussions s’étendent jusqu’à ébranler les fondements de la famille et menacer la cohésion de la société », a-t-il déclaré avec force.
Il a précisé que le ministère de la Santé avait inscrit la santé mentale parmi ses priorités absolues, dépassant le concept traditionnel de traitement pour adopter une approche globale et intégrée. Cette vision s'est concrétisée par le lancement du Programme national de santé mentale et de lutte contre les addictions, qui vise à développer des stratégies de prise en charge adaptées.
« Nous œuvrons à l’intégration des parcours sanitaires, sociaux et judiciaires pour garantir un rétablissement en toute sécurité des survivantes », a-t-il expliqué, soulignant la nécessité d'une coordination intersectorielle pour offrir aux victimes un accompagnement complet et cohérent.
Les travaux de cette table ronde ont également enregistré la présence de nombreuses personnalités institutionnelles, témoignant de l'importance accordée à cette thématique au plus haut niveau. Ont ainsi assisté à la rencontre le wali de Nouakchott Ouest, la vice-présidente de la région de Nouakchott, le hakem de Tevragh-Zeina et le maire de sa commune, ainsi que la secrétaire générale de l’Observatoire.
Cette mobilisation interinstitutionnelle reflète une prise de conscience collective de l'urgence d'agir pour briser le silence autour des violences faites aux femmes et pour offrir aux victimes une prise en charge psychologique adaptée, condition essentielle de leur reconstruction et de leur réinsertion sociale.
Les travaux de cette table ronde se poursuivront avec l'ambition de produire des recommandations opérationnelles qui viendront enrichir les politiques publiques en faveur des droits des femmes et de leur bien-être mental.


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