Fonction publique: Lancement d’un vaste recrutement de 3000 fonctionnaires pour moderniser l’administration | Mauriweb

Fonction publique: Lancement d’un vaste recrutement de 3000 fonctionnaires pour moderniser l’administration

jeu, 12/03/2026 - 13:25

Le Président de la Commission nationale des concours, M. Cheikhna Idoumou, a annoncé le lancement d’une grande opération de recrutement de 3000 fonctionnaires et agents contractuels au profit des institutions gouvernementales. Cette initiative s’inscrit dans la droite ligne des instructions données par le Président de la République, Monsieur Mohamed Cheikh El Ghazouani, lors de son discours du 28 novembre dernier.

Lors d’un point de presse, M. Cheikhna Idoumou a détaillé le processus ayant mené à cette annonce. Il a expliqué que la préparation de ce recrutement a été confiée à une commission ministérielle spéciale, présidée par le Premier ministre, M. Moctar Djay. Cette instance a travaillé à garantir une application fidèle de la "vision sociale et administrative élevée" du Chef de l'État, qui vise à assurer la transparence et l'équité à travers une série de mesures rigoureuses concernant les commissions en charge des concours.

Selon le président de la Commission nationale des concours, ce recrutement s’intègre dans une dynamique plus large de réformes du système national des concours. L’objectif est de "faciliter et rapprocher le service du citoyen" tout en renforçant la transparence de l'action administrative, conformément à la volonté des hautes autorités du pays.

Des réformes structurelles et l'arrivée du numérique

M. Cheikhna Idoumou a rappelé que le processus de modernisation n’est pas nouveau. Depuis 2019, une série de réformes juridiques et réglementaires a été initiée. Parmi les plus importantes, il a cité :

-La suppression de l'épreuve orale ;

-Le classement des admis par ordre de mérite, remplaçant l'ancien classement alphabétique ;

-La séparation des commissions supervisant les différentes étapes des concours.

Pour ce nouveau concours, une étape majeure est franchie avec l’intégration des technologies modernes. Le processus se distinguera par l'automatisation de nombreuses étapes clés :

-Réception et sélection des dossiers de candidature ;

-Formulation des sujets et correction des épreuves ;

-Lutte contre la fraude grâce à un contrôle automatisé.

Cette digitalisation permettra à chaque candidat de suivre son dossier en temps réel, de vérifier l'exactitude de la correction et de déposer d'éventuelles réclamations de manière directe, garantissant ainsi un niveau de transparence inédit.

Détail des postes à pourvoir

Le président de la Commission a précisé la répartition de ces 3000 nouveaux postes, couvrant un large éventail de secteurs d'activité de l'État :

Justice et Enseignement supérieur :

40 juges

60 greffiers

60 juristes

120 professeurs d'université

Secteur de la Santé (le plus gros contingent) :

1 190 médecins, pharmaciens, infirmiers et sages-femmes

Secteurs techniques et financiers :

245 ingénieurs et techniciens supérieurs (diverses spécialités)

190 spécialistes en finances, économie et statistiques

50 vétérinaires et techniciens en santé animale

Forces de sécurité et protection :

270 officiers, contrôleurs et préposés des douanes

160 inspecteurs, contrôleurs de la police de l'environnement et gardes forestiers

Autres secteurs (Jeunesse, Administration, Social) :

30 animateurs de jeunesse et sport

18 inspecteurs des prix

170 formateurs pour l'enseignement préscolaire et les écoles de promotion sociale des personnes handicapées

20 rédacteurs administratifs

10 spécialistes du protocole

Personnel contractuel :

Plus de 300 agents (secrétaires, chauffeurs, portiers, etc.)

Bilan et indépendance de la Commission

En marge de l'annonce, M. Cheikhna Idoumou a répondu aux questions des journalistes. Il a indiqué que la Commission publie annuellement un rapport détaillé sur les recrutements, incluant observations et recommandations. Il a également fourni un chiffre clé : depuis 2019, ce sont plus de 20 406 fonctionnaires qui ont été recrutés à travers ce système.

Enfin, il a tenu à réaffirmer l'indépendance de l'institution qu'il préside. "La Commission est une institution indépendante et le gouvernement lui attribue tous les pouvoirs requis pour exercer son travail conformément à la loi, sans aucune ingérence", a-t-il souligné.