
La Bibliothèque nationale de Nouakchott a abrité ce dimanche un séminaire culturel de haute facture intitulé "La diversité culturelle et la promotion de la cohésion sociale", s'inscrivant dans le cadre des activités de la Journée nationale de la diversité culturelle et de la cohésion nationale, célébrée chaque année le 1er mars.
Placé sous la supervision du Secrétaire général du Ministère de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, M. Sidi Mohamed Jeddou Khatri, cet événement a réuni un parterre de cadres, de chercheurs et de passionnés des affaires culturelles, tous réunis pour réfléchir aux moyens de préserver et de valoriser le patrimoine pluriel du pays.
Un modèle historique de coexistence millénaire
Le conférencier principal, M. Kane Mamadou Hadia, a posé d'emblée le cadre de sa réflexion en affirmant que "la Mauritanie représente un modèle historique distinct de coexistence entre ses composantes culturelles et linguistiques, dont les racines remontent à la préhistoire". Cette déclaration liminaire a permis d'inscrire la diversité mauritanienne dans la longue durée, bien au-delà des configurations politiques contemporaines.
À travers une démonstration étayée, le conférencier a entrepris de retracer les grandes étapes de cette coexistence pacifique, depuis les premières traces de peuplement jusqu'aux dynamiques culturelles actuelles, en passant par les grands ensembles politiques et économiques qui ont façonné le territoire.
Les conventions internationales comme cadres de référence
S'appuyant sur les principes fondamentaux de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), M. Kane Mamadou Hadia a particulièrement mis en lumière deux instruments juridiques majeurs :
-La Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (2005) ;
-La Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (2003).
Il a présenté ces textes comme "des cadres de référence essentiels pour la préservation de l'identité culturelle et l'enracinement d'une culture de dialogue et de paix". Le conférencier a souligné l'importance pour la Mauritanie de s'inscrire dans cette dynamique internationale tout en préservant ses spécificités locales.
Un voyage à travers les âges et les civilisations
Dans sa communication, le conférencier a proposé un passionnant voyage à travers les grandes étapes de l'histoire mauritanienne, mettant en évidence la richesse et la continuité de son patrimoine culturel. Il a successivement évoqué :
-La civilisation d'Akreijit, l'une des plus anciennes traces de présence humaine dans la région, témoignant d'une occupation ancienne du territoire et d'un développement culturel précoce ;
-L'héritage des Mahadras, ces institutions traditionnelles d'enseignement qui ont pendant des siècles diffusé le savoir et favorisé les échanges intellectuels entre les différentes composantes de la société ;
-L'interaction culturelle et artistique, qui s'est manifestée à travers les âges par des écores, des créations et des influences réciproques entre les communautés ;
-Les rôles de l'Empire du Ghana, premier grand ensemble politique ouest-africain dont le territoire englobait une partie de l'actuelle Mauritanie, illustrant l'ancienneté des traditions étatiques dans la région ;
-L'État almoravide, mouvement réformateur et conquérant né en Mauritanie qui a marqué profondément l'histoire du Maghreb et de l'Andalousie ;
-Le commerce transsaharien, vecteur essentiel d'échanges économiques, culturels et humains qui a pendant des siècles relié la Mauritanie au reste du continent et au monde méditerranéen.
La diversité, pilier de l'unité nationale
Au terme de cette vaste fresque historique, M. Kane Mamadou Hadia a formulé une conclusion forte : "Cette diversité est restée un pilier essentiel de l'unité nationale à travers les différentes époques historiques." Loin d'avoir constitué un facteur de division ou de fragmentation, la pluralité culturelle et linguistique a au contraire enrichi le creuset national et renforcé la résilience de la société face aux défis.
Le conférencier a insisté sur l'idée que la diversité culturelle, lorsqu'elle est reconnue, respectée et valorisée, devient un atout majeur pour la cohésion sociale et la construction d'un destin commun. Les échanges entre les communautés, les emprunts mutuels et les synthèses originales qui en résultent ont permis de tisser des liens solides entre les différentes composantes de la nation.
Les activités du séminaire se sont déroulées en présence du Chargé de mission auprès du Ministère de la Culture, M. Mohamed Mahmoud Sidi Yahya, ainsi que d'un nombreux public composé de cadres du ministère, de chercheurs universitaires, d'étudiants et de simples citoyens intéressés par les questions culturelles.
Les échanges qui ont suivi la conférence ont permis d'approfondir plusieurs thèmes abordés par le conférencier, notamment les moyens de préserver le patrimoine immatériel face aux défis de la mondialisation, le rôle des nouvelles générations dans la transmission de la mémoire collective, ou encore les politiques publiques à mettre en œuvre pour soutenir la diversité culturelle.
Ce séminaire s'inscrit dans le programme plus large des activités commémorant la Journée nationale de la diversité culturelle et de la cohésion nationale, instituée pour promouvoir les valeurs de tolérance, de dialogue et de respect mutuel qui fondent l'identité mauritanienne.
À travers ces initiatives, le Ministère de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement entend contribuer à la préservation et à la valorisation du patrimoine culturel national, tout en sensibilisant l'opinion publique à l'importance de la diversité comme facteur d'enrichissement collectif et de renforcement de l'unité nationale.

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