
Monsieur Mohamed Abdellahi Lehbib, Président de la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (HAPA), a publié ce jeudi un message sur sa page Facebook officielle dans lequel il alerte sur la recrudescence de contenus problématiques circulant en ligne.
Dans une publication concise, le responsable a indiqué avoir suivi « plusieurs publications et diffusions sur les réseaux sociaux » qui, selon lui, « propagent des rumeurs sous des formes incendiaires, éloignées de toute déontologie professionnelle ». Sans citer d’exemples précis, cette déclaration vise clairement les contenus considérés comme trompeurs ou susceptibles de troubler l’ordre public.
Face à cette situation, M. Lehbib a lancé un appel direct à l’ensemble des blogueurs, éditeurs de contenu et journalistes actifs sur les plateformes numériques. Il les a exhortés à « faire preuve de rigueur et de vérification quant à l’exactitude et à la crédibilité des informations qu’ils relaient », en particulier lorsqu’il s’agit de sujets sensibles pouvant affecter « la tranquillité publique et la cohésion sociale ».
Cette injonction met en lumière le rôle que les autorités mauritaniennes assignent aux diffuseurs d’information dans la préservation de la stabilité et du dialogue national.
Le président de la HAPA a tenu à réaffirmer dans son message le caractère fondamental du droit à la liberté d’expression, précisant que « chacun est libre de diffuser des informations, des nouvelles et d’exprimer ses opinions ». Ce rappel s’inscrit dans le cadre des garanties constitutionnelles.
Toutefois, ce droit s’accompagne implicitement, dans le discours de l’autorité de régulation, d’une exigence de responsabilité. Le ton de la publication suggère que la liberté trouve ses limites dans la protection de l’ordre public et de la véracité de l’information, un équilibre souvent au cœur des débats sur la régulation du numérique.
Cette intervention publique intervient dans un contexte où les pays du Sahel, dont la Mauritanie, sont particulièrement vigilants quant à la désinformation et aux discours pouvant nourrir des tensions sociales ou sécuritaires. La HAPA, en tant qu’institution de régulation, semble ainsi vouloir marquer sa vigilance et poser un cadre préventif, privilégiant dans un premier temps l’appel à l’autorégulation des acteurs des médias en ligne.
Cet avertissement public peut être interprété comme une invitation à plus de prudence, mais aussi comme un signal adressé à la communauté des internautes sur les attentes des pouvoirs publics en matière de contenu en ligne. Il reste à voir quelles pourraient être les suites concrètes si cet appel à la responsabilité n’était pas suivi d’effets.

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