Mauritanie : le FMI valide les revues des programmes et débloque 91 millions de dollars | Mauriweb

Mauritanie : le FMI valide les revues des programmes et débloque 91 millions de dollars

jeu, 29/01/2026 - 12:41

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé, le 28 janvier 2026, la cinquième revue des programmes de la Mauritanie au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la Facilité élargie de financement (FEP), ainsi que la quatrième revue dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (RSF). Cette décision ouvre la voie à un décaissement immédiat de 65,88 millions de DTS, soit environ 91 millions de dollars américains.

Sur ce montant, 6,44 millions de DTS (environ 9 millions de dollars) relèvent des programmes FEC/FEP, tandis que 59,44 millions de DTS (environ 82 millions de dollars) sont accordés au titre de la RSF. Le total cumulé des décaissements en faveur de la Mauritanie atteint désormais 191,8 millions de DTS, soit près de 258 millions de dollars.

Une économie résiliente malgré un ralentissement attendu

Après une croissance robuste de 6,3 % en 2024, l’économie mauritanienne devrait connaître un ralentissement en 2025, avec une croissance estimée à 4,2 %. Cette décélération s’explique principalement par une contraction du secteur extractif, même si les activités non extractives continuent d’afficher de bonnes performances.

Dans un contexte marqué par des incertitudes économiques mondiales accrues et une dégradation des risques sécuritaires régionaux, le FMI juge toutefois que les perspectives à moyen terme demeurent favorables. Elles reposent notamment sur les investissements publics dans les infrastructures, la dynamique de l’investissement privé et la poursuite des réformes structurelles visant à diversifier l’économie au-delà des industries extractives.

Des performances jugées satisfaisantes par le FMI

Le FMI estime que la mise en œuvre des programmes est globalement sur la bonne voie. Tous les critères quantitatifs fixés à fin juin 2025 ont été respectés, tout comme les objectifs indicatifs à fin septembre 2025. Sur les neuf repères structurels prévus jusqu’à fin décembre 2025 dans le cadre des programmes FEC/FEP, sept ont été atteints, tandis qu’un a été mis en œuvre avec retard.

Les réformes prévues dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité progressent également, même si leur rythme reste plus lent. Quatre des cinq mesures de réforme évaluées lors de cette revue ont toutefois été réalisées.

Discipline budgétaire et réforme monétaire au cœur des recommandations

Le FMI salue la gestion budgétaire prudente des autorités mauritaniennes, notamment l’adoption d’un ancrage budgétaire destiné à protéger les dépenses publiques contre la volatilité des prix des matières premières et à stabiliser la dette publique à moyen terme. L’institution encourage la poursuite de cette discipline, accompagnée de réformes de la politique fiscale et de l’administration des impôts, afin de dégager davantage d’espace budgétaire pour les investissements publics prioritaires.

Sur le plan monétaire, le FMI met en avant la modernisation du cadre de politique monétaire de la Banque centrale de Mauritanie (BCM), incluant une meilleure gestion de la liquidité et des instruments de politique monétaire plus efficaces. Le renforcement du marché des changes et la transition vers un régime de change plus flexible sont jugés essentiels pour accroître la résilience face aux chocs externes, tandis que le renforcement de la solidité du secteur bancaire passe par une application rigoureuse des règles prudentielles.

Gouvernance, climat et climat des affaires

Le FMI insiste également sur l’importance d’accélérer les réformes de gouvernance, notamment à travers la mise en œuvre effective des lois sur la déclaration de patrimoine et d’intérêts, les entreprises publiques et la zone franche de Nouadhibou. La mise en service rapide de l’Autorité de lutte contre la corruption est considérée comme un levier clé pour améliorer la transparence et le climat des affaires.

Sur le volet climatique, l’institution appelle à accélérer les réformes d’adaptation et d’atténuation, en particulier l’introduction d’un mécanisme automatique de fixation des prix des carburants, accompagné de mesures compensatoires ciblées pour protéger les ménages vulnérables. Ces réformes permettraient à la fois de renforcer la résilience climatique du pays et de dégager des marges budgétaires pour répondre aux importants besoins de développement.

Un appui international jugé déterminant

Pour le FMI, la poursuite rigoureuse des programmes FEC/FEP, combinée à une mise en œuvre plus soutenue des réformes climatiques appuyées par la RSF, sera déterminante pour relever les défis économiques et sociaux de la Mauritanie à moyen et long terme. Ces programmes contribuent à renforcer les cadres de politiques macroéconomiques, à soutenir une croissance durable et inclusive, et à appuyer les efforts de réduction de la pauvreté.

En validant ces revues et en débloquant de nouveaux financements, le FMI réaffirme ainsi son soutien à la trajectoire de réformes engagée par la Mauritanie, dans un contexte international de plus en plus incertain.