
La deuxième phase des travaux de fouilles archéologiques sur le site historique d’Azougui, dans la wilaya de l’Adrar, a officiellement pris fin. À cette occasion, une mission du ministère de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, conduite par M. Yahya Ould Ahmed, chargé de mission au ministère, a effectué, mercredi, une visite de terrain afin de constater l’achèvement des opérations de cette étape de recherche.
La délégation comprenait également le conseiller du wali de l’Adrar chargé des affaires politiques et sociales, M. Alamine Ould Jedou, ainsi que plusieurs autorités administratives et culturelles locales.
Des méthodes de fouilles affinées
Dans une déclaration à l’Agence mauritanienne d’information (AMI), le chef du service des études historiques et archéologiques de l’Institut mauritanien de recherche et de formation dans le domaine de la culture et du patrimoine, M. Mohamed Youssef Ould Daddi, a indiqué que les travaux de cette année se distinguent de ceux menés lors de la première phase par une approche de fouilles horizontales, visant à reconstituer progressivement les contours de l’ancienne bâtisse située à l’intérieur de la forteresse d’Azougui.
Cette méthode, a-t-il expliqué, permet de suivre les différentes composantes architecturales du site jusqu’à l’obtention d’une vision globale et cohérente de la structure historique mise au jour. Il a également souligné que ces travaux ont été réalisés avec la participation de quinze étudiants mauritaniens du département d’histoire de l’Université de Nouakchott, contribuant ainsi à la formation pratique de jeunes chercheurs nationaux.
Un chantier scientifique de longue haleine
De son côté, l’archéologue française Chloé Capel, spécialiste en archéologie et responsable scientifique des fouilles d’Azougui, a précisé que cette journée marquait la fin effective de la deuxième phase du programme de fouilles. Elle a toutefois insisté sur le fait que, malgré son importance, ce travail nécessite encore du temps et des efforts soutenus pour parvenir à des résultats pleinement exploitables.
Elle a expliqué que les opérations de fouilles se déroulent selon plusieurs étapes successives : l’excavation, le nettoyage, puis la conservation des objets découverts sous les décombres, avant leur transfert vers l’antenne du musée de l’Université de Nouakchott à Atar, où ils sont conservés en attendant leur étude scientifique approfondie.
Vers un musée à Azougui ?
Chloé Capel a également évoqué la possibilité, à terme, de créer un musée sur le site même d’Azougui, destiné à préserver et valoriser les objets archéologiques mis au jour, si les autorités mauritaniennes en prennent la décision. Elle a précisé que la majorité des pièces découvertes se trouvent dans un état fragmenté, tandis qu’environ 10 % des vestiges sont relativement bien conservés.
Une visite officielle marquée par une forte présence institutionnelle
La visite s’est déroulée en présence du hakem adjoint de la moughataa d’Atar, M. El-Walid Ould Jamal Eddine Ould Froueh, du délégué régional de la culture, ainsi que d’un représentant de la Direction de la conservation nationale du patrimoine.
À travers ces travaux, les autorités mauritaniennes réaffirment leur engagement en faveur de la préservation du patrimoine historique et archéologique, et de la valorisation scientifique et culturelle du site d’Azougui, l’un des hauts lieux de l’histoire médiévale de la Mauritanie.

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