
Une étape majeure dans le développement des infrastructures énergétiques de la Mauritanie a été franchie ce mercredi avec la signature d’une convention de financement entre le gouvernement mauritanien et la France. Cet accord, scellé par le ministre de l’Économie et des Finances, M. Sid’Ahmed Bouh, et l’ambassadeur de France en Mauritanie, M. Alexandre Garcia, prévoit un prêt bonifié de 64 millions d’euros (environ 2,8 milliards MRU) octroyé par l’Agence Française de Développement (AFD). Ce financement soutiendra la réalisation de deux projets structurants : la ligne à haute tension Nouakchott-Néma et une centrale électrique à Kiffa.
Des infrastructures pour booster l’électrification
Lors de son allocution, M. Bouh a détaillé les composantes clés du projet. Le financement permettra la construction d’une ligne à haute tension entre El Ghaira et Kiffa, une station de production de 50 mégawatts à Kiffa, ainsi qu’une sous-station à Nouakchott. Ces ouvrages relieront le réseau national mauritanien au réseau malien, favorisant ainsi une intégration énergétique régionale. Par ailleurs, 100 000 nouveaux raccordements électriques seront réalisés le long de la ligne, accompagnés de réseaux locaux de distribution pour desservir les populations.
Le ministre a souligné le potentiel énergétique « considérable » de la Mauritanie, notamment dans les domaines solaire, éolien et hydroélectrique, sans oublier les perspectives prometteuses liées à l’extraction de gaz. Toutefois, il a reconnu que les lacunes en matière de transport et de distribution freinent l’exploitation optimale de ces ressources. Actuellement, le taux de couverture électrique nationale plafonne à 57 %, avec un taux alarmant de 10 % en zones rurales.
Un programme ambitieux soutenu par des partenaires
Pour remédier à ces défis, la Mauritanie a élaboré un programme d’envergure visant à étendre les lignes haute tension, interconnecter les réseaux avec ceux des pays voisins, doubler les capacités de distribution dans les zones urbaines denses et encourager l’implication du secteur privé dans la production et la distribution d’énergie. « Ce projet s’inscrit dans une vision globale, soutenue par plusieurs bailleurs de fonds, pour transformer durablement notre secteur énergétique », a déclaré M. Bouh.
M. Alexandre Garcia, ambassadeur de France, a salué cet accord comme une preuve du « dynamisme renouvelé » de la coopération franco-mauritanienne. « Ce financement illustre notre engagement commun dans les priorités stratégiques que sont l’énergie et les infrastructures. Il contribuera directement à améliorer l’accès des populations à une électricité propre et pérenne », a-t-il affirmé. Il a également rappelé la place centrale du secteur énergétique dans le partenariat entre les deux pays.
La cérémonie, tenue en présence du ministre de l’Énergie et du Pétrole, M. Mohamed Khaled, et de responsables des départements concernés, marque un pas de plus vers l’objectif mauritanien de garantir un accès universel à l’électricité d’ici 2030. Une ambition qui, grâce à ce partenariat, semble désormais à portée de réseau.