
Les membres du gouvernement ont animé, mercredi après-midi, un point de presse pour commenter les décisions prises lors du Conseil des ministres tenu le matin même. Présidée par M. Houssein Meddou, ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement, cette conférence a réuni les ministres de la Santé, M. Abdellahi Sidi Mohamed Weddih, de la Fonction publique et du Travail, M. Mohamed Soueidatt, et de l’Élevage, M. Mokhtar Gaguih.
Formation continue et renforcement des compétences
En ouverture, le Porte-parole du gouvernement a annoncé l’adoption de plusieurs projets de décret et communications, dont un plan national de formation continue des personnels de santé (2025-2029), porté conjointement par les ministères de la Santé et de la Fonction publique. Ce plan, qualifié d’« historique » par M. Weddih, vise à former 7 500 professionnels de santé, principalement des équipes infirmières, sur des périodes variant de 5 à 30 jours. Les formations couvriront des domaines prioritaires tels que la santé reproductive, la pédagogie médicale et l’amélioration des services de santé.
Le ministre de la Santé a souligné que cette initiative, financée pour la première fois grâce à une enveloppe dédiée par le Président de la République, inclura un mécanisme de suivi-évaluation pour garantir son efficacité. « Ce plan traduit la volonté du Chef de l’État de concrétiser ses engagements électoraux en faveur d’un système de santé performant », a-t-il affirmé.
Stratégie pour les ressources humaines de l’État
M. Mohamed Soueidatt, ministre de la Fonction publique, a détaillé le Plan stratégique de renforcement des capacités des ressources humaines de l’État, axé sur la réforme du cadre législatif et l’intégration de la formation continue dans les parcours professionnels. Parmi les mesures phares :
-La ratification d’une convention de l’OIT pour valoriser le capital humain.
-Une étude diagnostique des compétences des fonctionnaires ;
-Un programme pilote de renforcement des capacités ;
-L’adoption de référentiels pour un audit complet des ressources humaines.
« L’objectif est d’identifier les faiblesses et de proposer des solutions durables pour moderniser la fonction publique », a-t-il expliqué.
Recensement du cheptel : des chiffres révélateurs
Le ministre de l’Élevage, M. Mokhtar Gaguih, a présenté les résultats du recensement général du cheptel national, réalisé en 2023 avec l’ANSADE et des partenaires internationaux. Le pays compte désormais 29 339 913 têtes de bétail, avec une progression notable des bovins (+4 millions) et des camelins (+27 %), mais un recul de 20 % des ovins.
Répartition territoriale :
Hodh Charghi : 33 % du cheptel national.
Hodh Gharbi : 13 %.
Trarza : 12 %.
Le ministre a également indiqué que 45 % du cheptel est en transhumance, dont 30 % au-delà des frontières. « Ces données seront cruciales pour élaborer des politiques pastorales alignées sur la vision du Président de la République », a-t-il déclaré.
Environnement et migration : clarifications gouvernementales
Le Porte-parole a par ailleurs répondu à des questions d’actualité, notamment sur la fermeture définitive d’une usine de recyclage d’huiles à Toujounine. Il a confirmé le refus du ministère de l’Environnement de toute réouverture, citant un rapport d’expertise international mettant en lumière des risques environnementaux majeurs. « Les normes sanitaires ne seront jamais compromises », a-t-il martelé, démentant des rumeurs de réouverture.
Sur la question migratoire, M. Meddou a réaffirmé l’engagement de la Mauritanie à respecter ses obligations internationales, tout en précisant que les récentes opérations de reconduite à la frontière ont ciblé « exclusivement les migrants en situation irrégulière et les réseaux de passeurs ». Il a fermement démenti les allégations de mauvais traitements : « Toutes les procédures ont respecté les droits humains et les normes juridiques. »
Cette rencontre médiatique a illustré la détermination du gouvernement à concrétiser les priorités présidentielles, qu’il s’agisse de moderniser les services publics, de protéger l’environnement ou de gérer les défis migratoires avec équilibre et humanisme.