Surveillance maritime : De mal en pis ! | Mauriweb

Surveillance maritime : De mal en pis !

jeu, 15/10/2020 - 21:05
Lieutenant de Vaisseau, Mohamedou Abderrahmane, cdt GCM

La garde-côte serait-elle au creux de la vague ? Les échos qui en parviennent tournent au cauchemar. Après des suspicions de laisser-aller, révélés par nos confrères,  ces dernières semaines, les patrouilleurs, épine dorsale de la surveillance, seraient aujourd’hui hors d’usage. 

 

Le spectacle souvent offert  par les assauts lancés par les piroguiers mauritaniens sur les filets de navires étrangers bondés de courbines et largement relayé sur les médias sociaux est assez révélateur de la frustration de nos pêcheurs locaux face à une armada de bateaux qui souvent font irruption dans des zones interdites pour rafler des stocks de poissons au nez et à la barbe des pêcheurs artisans.

Les irruptions en zones interdites et les mille et un stratagème pour se défaire un laps des balises ainsi que le camouflage lors de telles activités des noms et numéro des navires sont une vieille pratique. Parfois ce sont les artisans eux-mêmes qui se chargent, au péril de leurs vies, de faire la police face à ces mastodontes. Souvent les russes. Cette atmosphère délétère augure du paroxysme de la déliquescence de l’institution la garde-côte mauritanienne et de l’échec de sa  mission première dans le respect de la loi.

 

La garde-côte sevrée de ses patrouilleurs

La garde-côte mauritanienne est censée surveiller 750 km formant nos côtes réputées parmi les plus poissonneuses au monde et qui, sans doute, aiguisent les appétits de beaucoup de «requins ».  Si jusqu’ici elle y a réussi cahin-caha  c’est sans doute grâce à des ressources humaines de plus en plus  compétentes formées aux bonnes écoles mais aussi du fait de ses moyens logistiques acquis pour la mission dévolue comme ses patrouilleurs destinés à décourager les intrusions illégales et irrégulières des navires et embarcations de pêche pour ce qui est du zonage. Elle contribue aussi à juguler le flux de migrants clandestins.  Mais un malheur ne vient jamais seul. Outre, la mauvaise pub ces derniers temps, relayée à travers les médias, la panne des principaux patrouilleurs sonne le glas pour la dissuasion qui, jusqu’ici, a servi pour contenir, bon an, mal an, les velléités de tous les contrevenants.

En effet, la garde-côte serait actuellement dans un profond désarroi avec la panne simultanée sur deux des trois patrouilleurs dont elle disposerait pour faire théoriquement respecter la loi. A cet effet, des sources concordantes évoquent le remorquage pour carénage du patrouilleur « Awkar » qui a levé l’encre pour Las Palmas. Une mission de « thérapie » qui devrait durer au moins 3 mois ; plus une facture de plusieurs millions d’euros. Mais l’ « Awkar » ne serait pas le seul dans son « inopérationnalité ». Le bâtiment « Lemreya » ne serait pas en meilleure posture.  Pour  tout bâtiment de surveillance, la garde-côte ne disposerait plus aujourd’hui que des services du bateau «Arguin », autant dire mission impossible pour contrer les milliers de navires en activité chez nous ou ceux tentés par la pêche INN.

 

Des voix s"élèvent pour dénoncer

De plus en plus de voix d’observateurs et d’opérateurs locaux s’élèvent pour réclamer une enquête sérieuse  au niveau de la garde-côte mauritanienne, soupçonnée à tort ou à raison, d’acharnement contre les armements mauritaniens et d’indifférence coupable vis-à-vis des navires étrangers ;r russes et turcs notamment qui écument impunément nos ressources halieutiques. Les mauvaises langues prétendent que ces navires bénéficient d’une « bonne » protection. L’appel est même lancé en direction du président de la République pour tirer la graine de l’ivraie. Il s'agirait de dilgenter une enquête pour faire la lumière sur cette polémique qui enfle de jour en jour. Une bouée de sauvetage pour sortir le secteur des turbulences actuelles et que tous appellent de leurs vœux.