Marieme Baba, coordinatrice du MASEF au Trarza : « L’enfant ne doit pas être chargé de nourrir sa famille… » | Mauriweb

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"Ce pouvoir nous a tout pris, même notre dignité, notre liberté, notre justice, notre santé, notre ceinture verte, notre aéroport, notre zone franche, notre port,nos mines (....jusqu'au gravier), nos écoles....on lui demande de tout nous rendre... 
LA PEUR A DISPARU"

 

Marieme Baba, coordinatrice du MASEF au Trarza : « L’enfant ne doit pas être chargé de nourrir sa famille… »

mer, 20/02/2019 - 09:57

Après Nouadhibou en Novembre dernier, la caravane de sensibilisation pour la protection «des enfants migrants contre l’exploitation et la traite» a séjourné, du 12 au 16 février à Rosso, capitale du Trarza, au bord du fleuve Sénégal, situé à 200 kilomètres de Nouakchott. 
Cette caravane est une des activités du projet AFIA « pour la protection des enfants en mobilité » financé par l’Union Européenne et mis en œuvre par Save the Children en collaboration avec le ministère mauritanien des affaires sociales, de l’enfance et de la famille (MASEF). A Rosso, en marge de la journée récréative organisée au profit des enfants, nous avons rencontré Madame Marieme Baba, coordinatrice du MASEF au Trarza.

« Rosso est une ville frontalière avec beaucoup d’enfants en mobilité. C’est le cas des  almoudou  venant du Sénégal, du Mali ou de la Guinée» Constate Marieme Baba qui ajoute que ces enfants rencontrent beaucoup de difficultés.

Elle a aussi fait état de la situation des enfants issus d’une mobilité interne. La coordinatrice explique « qu’une forte sensibilisation va aider les familles à accorder plus d’attention aux enfants. »Ces familles vont en effet « comprendre la nécessité de protéger les enfants car les temps ont changé avec les risques liés à la drogue, a l’exploitation, aux  trafics… »

En tant que parents, ajoute la coordinatrice, «nous devons rester en alerte et faire preuve de responsabilité à l’égard des enfants. L’enfant ne doit pas êtrechargé de nourrir sa famille ou de lui apporter de l’argent. C’est plutôt le travail des parents. Ce n’est pas normal d’envoyer l’enfant vendre du « nana » ou conduire une charrette pour nourrir la famille. L’enfant doit aller à l’école, jouer, sourire c’est son droit. »

Madame Marieme Baba note que Save children  a mené des activités de renforcement de capacités des ONG et des autorités. Maintenant, cette ONG mène une campagne de sensibilisation porte à porte et des journées récréatives qui mobilisent tout le monde.» Je suis sûr, ajoute-t-elle«qu’il y aura un impact sur la population de Rosso.»

 A Rosso indique la coordinatrice, « le ministère des affaires sociales de l’enfance et de la famille a créé un centre de protection des enfants de la rue.  Ils  y passent la journée, ils sont nourris et éduqués. Ils sont également préparés pour réintégrer l’école. » Ainsi, en 2018, 45 enfants ont été réintégrés dans les classes. D’autresont reçu  une formation professionnelle. La Coordinatrice a aussi salué le travail de l’AFCF (association mauritanienne des femmes chefs de famille) dont le centre à Rosso a été réhabilité par le projet AFIA.