Election présidentielle au Sénégal: L'Opposition fustige l'attitude des présidents Aziz et Ouatara | Mauriweb

Message

"Ce pouvoir nous a tout pris, même notre dignité, notre liberté, notre justice, notre santé, notre ceinture verte, notre aéroport, notre zone franche, notre port,nos mines (....jusqu'au gravier), nos écoles....on lui demande de tout nous rendre... 
LA PEUR A DISPARU"

 

Election présidentielle au Sénégal: L'Opposition fustige l'attitude des présidents Aziz et Ouatara

mer, 05/12/2018 - 13:12

L'Opposition sénégalaise, regroupée au sein de la Conférence des Leaders du FRONT PATRIOTIQUE POUR LA DEFENSE DE LA REPUBLIQUE (FPDR), s'est déclarée, dans une lettre ouverte  transmise mercredi 5 décembre 2018, à "mauriweb.info",consternée par l'appui apporté par le président Mohamed Ould Abdelziz -et Alassane Ouatara de Côte d'Ivoire à la candidature de Macky Sall pour un second mandat à la tête de son pays. 

Voici le texte intégral du communiqué:

FRONT PATRIOTIQUE POUR LA DEFENSE DE LA REPUBLIQUE (FPDR)

La Conférence des Leaders

 

Lettre ouverte à Messieurs les Présidents Alassane Ouattara et Abdoul Aziz

 

Excellences, Messieurs le Présidents,

La presse de ce matin porte à notre connaissance des propos que vous avez tenus le samedi 1er décembre à Dakar à l’occasion de l’investiture du candidat MackySall, consistant à lui apporter votre soutien pour l’obtention d’un second mandat à la tête du Sénégal.

Nous tenons à vous exprimer notre surprise et notre consternation. Pour beaucoup moins, l’ambassade du Sénégal à Abidjan avait été envahie par des jeunes militants.

Vous ne pouvez ignorer que le Sénégal se dirige vers les élections les plus risquées de son histoire politique. Pour la première fois, le candidat sortant instrumentalise la Justice pour empêcher la candidature de ses principaux opposants, Karim Wade et Khalifa Sall. Pour la première fois, le gouvernement refuse ouvertement l’application des dispositions légales du Code électoral, notamment l’article L48, qui donne aux partis politiques un droit de regard et de contrôle sur le fichier électoral.

Dans ce contexte, les citoyens sénégalais, qui se sont mobilisés contre ces dénis de justice, comme en atteste leur participation massive à la marche populairedu 29 novembre, l’avant-veille de votre déclaration, reçoivent vos propos comme une ingérence inadmissible et une pression scandaleuse.

Quand vos deux pays avaient été confrontés à des situations comparables, le Sénégal avait adopté une démarche fraternelle visant à encourager le dialogue et le consensus entre les acteurs politiques. Aujourd’hui, vous choisissez un camp, celui du coup d’Etat électoral de MackySall.

Le fait que votre soutien public ait été ou non sollicité avec insistance est de peu d’importance. Les liens de fraternité et de solidarité entre nos peuples devraient en effet se situer au-dessus de toute autre considération.

Nous souhaitons qu’à l’avenir, à défaut de pouvoir contribuer à éloigner les menaces que la volonté hégémonique de MackySall fait peser sur notre pays, vous évitiez de mettre de l’huile sur le feu et de compromettre les excellentes relations que l’histoire et la géographie ont tissées entre nos peuples frères.

Veuillez agréer, Excellences, l’expression de notre haute considération.

 

Dakar, le 3 décembre 2018

 

La Conférence des Leaders du FPDR