Bilan 2025 et perspectives 2026 : le Premier ministre défend une action gouvernementale « structurante et mesurable » | Mauriweb

Bilan 2025 et perspectives 2026 : le Premier ministre défend une action gouvernementale « structurante et mesurable »

ven, 23/01/2026 - 14:12

Le Premier ministre mauritanien, Mokhtar Ould Djay, a présenté devant les députés, lors d’une séance plénière présidée par Mohamed Bamba Meguett, président de l’Assemblée nationale, le bilan de l’action gouvernementale pour l’année 2025 ainsi que les perspectives pour 2026. Un exercice constitutionnel majeur, placé sous le signe de la reddition de comptes, de la continuité des réformes et de l’accélération des chantiers structurants.

Une exécution élevée du programme gouvernemental en 2025

Selon le chef du gouvernement, 92 % des engagements pris pour l’année 2025 ont été exécutés, dont 74 % intégralement et 18 % partiellement, sur un total de 302 actions programmées. Seules 8 % n’ont pu être réalisées, en raison, selon lui, de contraintes techniques, financières ou contextuelles.

Cette performance, a-t-il souligné, s’inscrit dans la droite ligne de la vision du président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, à travers ses programmes Taahoudati et Toumouhi lil Watan, visant une transformation progressive mais profonde de l’État et de l’économie.

Cinq axes structurants pour l’action publique

Le bilan et les perspectives présentés s’articulent autour de cinq axes majeurs :

  1. État de droit et gouvernance

L’année 2025 a été marquée par des avancées notables en matière de réformes institutionnelles, de dialogue politique, de lutte contre la corruption et de modernisation de l’administration.

Le Premier ministre a mis en avant :

    • la révision des lois sur la corruption et la déclaration de patrimoine,
    • la création de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption,
    • la rationalisation des dépenses publiques,
    • la numérisation de services clés via la plateforme Khadamaty,
    • ainsi que la consolidation de la liberté de la presse, qui maintient la Mauritanie au premier rang arabe dans les classements internationaux.
  1. Économie résiliente et durable

Sur le plan macroéconomique, le gouvernement revendique une croissance comprise entre 4,3 % en 2025 et 5,1 % attendue en 2026, une inflation maîtrisée à 1,6 %, et un déficit budgétaire limité à 0,47 %. L’année 2025 a vu la signature de 27 accords de financement pour un montant global de 33,2 milliards MRU, ainsi que le démarrage effectif de projets structurants dans les domaines de l’énergie, des infrastructures, des mines et du numérique, notamment avec l’entrée en production du gaz du champ GTA.

  1. Capital humain et jeunesse

Le Premier ministre a insisté sur les investissements massifs dans :

    • la santé (construction et équipement d’hôpitaux, réforme du médicament, extension de la couverture sanitaire),
    • l’éducation (écoles, universités, formation professionnelle),
    • l’emploi et l’insertion des jeunes, avec plus de 20 000 emplois directs créés en 2025 et de nouveaux programmes prévus pour 2026. La généralisation progressive de la “école républicaine” et le respect strict du calendrier scolaire figurent parmi les marqueurs forts de l’année écoulée.
  1. Cohésion sociale et unité nationale

Le gouvernement met en avant une politique sociale intégrée, axée sur :

    • la lutte contre la pauvreté et la vulnérabilité,
    • la stabilisation, voire la baisse des prix des produits de première nécessité,
    • l’élargissement des programmes de transferts sociaux,
    • et des mécanismes de discrimination positive en faveur des zones et populations les plus fragiles. Selon les chiffres avancés, la baisse des prix du riz, du sucre, de l’huile et du blé aurait généré un gain annuel estimé à 55 milliards MRO pour les ménages.
  1. Sécurité et stabilité

Dans un contexte régional instable, le Premier ministre a salué le maintien de la sécurité nationale grâce à la modernisation des forces armées et de sécurité, à la coopération régionale et à une politique migratoire renforcée. La lutte contre la criminalité transnationale, la drogue et l’immigration irrégulière figure parmi les priorités consolidées en 2025.

2026 : accélération, continuité et évaluation

Pour l’année 2026, le gouvernement entend consolider les acquis et accélérer l’exécution des grands projets, notamment dans les domaines :

  • des routes, ports, énergie et eau,
  • de la transformation agricole et industrielle,
  • de l’emploi des jeunes,
  • de la numérisation de l’administration,
  • et de la gouvernance publique.

Mokhtar Ould Djay a assuré que la même méthodologie de suivi, fondée sur des engagements chiffrés et évaluables, sera maintenue afin de permettre au Parlement et à l’opinion publique de juger l’action gouvernementale « sur la base des résultats ».

Un discours de responsabilité politique

Reconnaissant que certaines actions n’ont pas abouti dans les délais, le Premier ministre a assumé la responsabilité des retards, tout en soulignant que les réformes structurelles impliquent parfois des coûts sociaux et politiques temporaires. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à corriger les insuffisances et à poursuivre un « processus cumulatif de construction nationale », selon l’expression du chef de l’État.