Gaz offshore : La Mauritanie déjà flouée par BP | Mauriweb

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"Ce pouvoir nous a tout pris, même notre dignité, notre liberté, notre justice, notre santé, notre ceinture verte, notre aéroport, notre zone franche, notre port,nos mines (....jusqu'au gravier), nos écoles....on lui demande de tout nous rendre... 
LA PEUR A DISPARU"

 

Gaz offshore : La Mauritanie déjà flouée par BP

lun, 22/04/2019 - 10:31

Alors qu’on se lèche déjà les babines dans l’attente de l’exploitation du champ gazier GTA Grand Tortue- Ahmeyin à cheval entre la Mauritanie et le Sénégal, prévue vers 2021-2022, les attentes risquent d’être déçues, au vu de ce qu’on nous réserve avant la sortie de la première goutte du précieux gisement.

Ainsi, tenez-vous bien, la société BP, qui a acheté la plus grosse part du champ à Kosmos Mauritanie (62 %), a décidé unilatéralement de ne "prendre" en Mauritanie que trois millions de tonnes de pierres qui serviront de support à la digue de protection des installations. Et elles ne leur seront même pas vendues comme pour les chinois qui construisent le port de N’diago. 

L’Etat lui a cédé une carrière. Elle n’aura à payer que le transport jusqu’au site via le port de Nouakchott. Avec le risque de détériorer encore plus des routes qui ne sont déjà pas des modèles du genre. Et le Sénégal ? 

BP a installé à Dakar une plateforme logistique qui servira d’abord à la fabrication de milliers de caissons en bétons pour la mise en place d’un mur de protection de la plateforme gazière d’un kilomètre de long, 25 mètres de hauteur et 30 mètres de large. Imaginez l’impact de ce travail sur l’économie sénégalaise. L’industrie du ciment, les ferrailleurs, les maçons et les transporteurs, entre autres, profiteront grandement de cette manne.

Plus grave, toutes les sociétés qui interviendront au niveau de la plateforme gazière ont commencé à s’installer au Sénégal. Une présence qui profitera aux banques, aux sociétés d’assurance et de services en tout genre, à l’immobilier, bref à l’économie en général. Normal, diriez-vous. Ce pays sait profiter des opportunités qui s’offrent à lui, contrairement à nous. 

Ainsi, Total lui a financé un institut national du pétrole et du gaz à hauteur de 20 millions d’euros avec une participation de BP (5 millions d’euros). Et vous savez qui le dirige ? Un mauritanien, svp. Le fils de feu Bâ Ibrahima Demba, l’ancien directeur général de Mauritel et ministre de l’Equipement sous la transition 2005-2007 qu’ils sont allés débaucher du poste de directeur du plus grand centre de formation de la société Schlumberger aux Emirats arabes unis.

Quand on confie un portefeuille aussi important que celui du Pétrole à un jeune sans expérience aucune dans le domaine des hydrocarbures, on ne peut s'attendre qu'à une chose : récolter les pierres cassées.

Le Calame