Après l’Algérie et le Soudan, La Mauritanie ? | Mauriweb

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"Ce pouvoir nous a tout pris, même notre dignité, notre liberté, notre justice, notre santé, notre ceinture verte, notre aéroport, notre zone franche, notre port,nos mines (....jusqu'au gravier), nos écoles....on lui demande de tout nous rendre... 
LA PEUR A DISPARU"

 

Après l’Algérie et le Soudan, La Mauritanie ?

ven, 12/04/2019 - 14:19

Après six vendredi de protestations populaires pacifiques et citoyennes les Algériens ont réussi non seulement à faire tourner la page du cinquième mandat mais aussi à balayer du même coup, toute la clique corrompue et affairiste qui avait mis la main  sur le pays depuis plusieurs décennies. Au Soudan,  au terme de quatre mois de contestation diffuse dans le pays et de six jours et nuits de pression populaire directe sur le quartier général des forces armées à Khartoum, non seulement il n’est plus question du triplement du prix du pain mais le régime de Omar el-Béchir a vacillé et s’est déjà débarrassé de sa « tête » pour essayer de sauver les meubles. Ces mouvements populaires qui ont pour caractéristiques la spontanéité, et l’imprévisibilité sont perçus par certains comme étant des répliques (au sens tellurique)  du printemps arabes, mais qui sont en fait des lames de fonds qui finiront par balayer toutes les autocraties archaïques qui survivent encore à l’ère des réseaux sociaux.

Des pays claquemurés par des tyranneaux qui maintiennent leur peuple en quasi servage et qui ont mis en place des systèmes de prédation et d’accaparement des richesses nationales commencent à sentir le vent de la liberté souffler.

La Mauritanie,  restera-t-elle en marge de cette dynamique de changement. Ceux qui sont dans la psychose et le refus ou le déni face à ce mouvement de révolte ne sont que des connivents du régime, qui participent peu ou prou à l’orgie indécente qui se déroule sous nos yeux. Une Mauritanie gangrénée par l’Injustice, l’enrichissement illicite, et dont le peuple subit jusqu’ici les agissements d’une dictature brutale violente et prédatrice ayant a détruit toutes les institutions du pays ne saurait continuer à être cet ilot de « calme » dans un océan de tempêtes.

Contrairement à ce qu’a presque réussi à faire croire le régime aux citoyens, l'ennemi n'est pas le negro, le blanc, le harratin, le forgeron ou l’étranger, mais bien le système et ses affidés qui mettent en place l’une des premières règles énoncées par Machiavel à savoir diviser pour dominer.   L’ennemi c’est le pouvoir et la poignée d’apparatchiks  corrompus, et immoraux, soumis aux impératifs du ventre, qui ont pris en otage la République, et son peuple.

On eut déjà deux alertes l’une consécutive la promulgation d’une nouvelle loi portant code de la route te qui fur renvoyée aux calendes grecques et l’autre il y a quelques semaines lorsque le pouvoir a tenté de tripler les prix des consultations et des actes médicaux avant de faire un rétropédalage face à la révolte qui grondait.

A trop de regarder de haut le slacktivisme ambiant, les pouvoirs finissent par s’enfermer dans leur tours d’Ivoire et à tenir pour quantité négligeable tous ces mouvement qui pullulent sur les réseaux sociaux et sont toujours surpris par les déflagrations subites et lorsqu’ils commencent à faire des concession pour tenter de les éteindre ils se rendent compte qu’il est trop tard et rien ne peut plus se dresser entre les peuples en marches et la liberté dont ils commencent déjà à humer les effluves.  

« Le peuple peut tenir debout sans le roi, mais le roi, lui, ne peut pas tenir debout sans le peuple. Il en a bien trop besoin. » Fuyumi Ono

 

B.C