Prix Mandela : Controverse autour d’une distinction | Mauriweb

Prix Mandela : Controverse autour d’une distinction

mer, 02/01/2019 - 11:13

L’Institut Mandela a attribué au  président Mohamed ould Abdel Aziz son prix pour la sécurité 2018. Une distinction justifiée par  « l’excellence africaine de sa vision stratégique en matière de sécurité et son mérite personnel » selon l’institution. Cette  nouvelle a été  très bien accueillie par l’Agence Mauritanienne d’Information (AMI), cet organe qui n’écoute et ne relaie que la seule voix du maître. Normal alors  que ce média  ait abondamment commenté l’événement. Toutefois, au-delà de notre agence uniquement  gouvernementale, car ayant tiré un trait sur sa dimension de service public depuis le putsch « rectificatif » du 06 août 2008, il y a fort à parier que le président de la République  ne devrait pas occuper la « Une» de la presse reconnue pour son professionnalisme,  du fait de l’image véhiculée par l’Institut Mandela.
Au-delà des formules convenues et de la langue  taillée dans  du bois massif, cet honneur risque  fort d’avoir un effet  boomerang pour le bénéficiaire. Commentant cette annonce,  le Pr Lô Gourmo, vice président de l’Union des Forces de Progrès (UFP-opposition), estime que « le président Mohamed ould Abdel Aziz aurait dû se renseigner sur ce  qui se cache derrière  ce prix,  le personnage qui l’octroie, en abusant du label grandiose  de « Mandela » et sur ceux à qui ce « prix » a déjà été décerné jusqu’ici ».
L’opposant mauritanien fait ainsi allusion à un  dossier  de l’hebdomadaire panafricain « Jeune Afrique » sous le titre «enquête : sur le mystérieux « Institut Mandela » qui honore le burundais Pierre NKurunziza, publié il ya quelques mois.
La crédibilité de ce think tank, qui revendique les valeurs héritées du héros  sud africain,  est largement entamée du fait de la contestation qui vient des héritiers même de l’icône sud-africaine qui considère que son nom est usurpé par cet institut.
Le profil du  récipiendaire 2018  risque fort de donner le coup de grâce à une  farce qui  dure depuis quelques années, selon l’avis de nombreux observateurs.

Le Calame