Publication des listes nationales : L’attente se prolonge à INSAF | Mauriweb

Publication des listes nationales : L’attente se prolonge à INSAF

jeu, 23/03/2023 - 20:26

Le Calame - Au fur et à mesure qu’approche la date-butoir de dépôt des listes candidates, et donc de la révélation de leur composition, on sent comme une espèce de fébrilité au sein des formations politiques, en particulier de l’INSAF, principal parti de la majorité présidentielle.

Des rumeurs courent les salons et bureaux, des dates avancées, surtout depuis l’audience accordée, il y a quelques jours de cela, par le président de la République au bureau exécutif dudit parti. Puis on apprenait qu’il fallait attendre le retour du président de la République du Festival de Djéol.

C’est fait depuis vendredi dernier… mais toujours rien. Et pour meubler ce temps qui s’allonge, une certaine presse lance des ballons d’essai, comme toujours en pareilles circonstances.

Certaines officines commanditent des écrits pour peser sur le choix du parti. Ainsi nous a-t-on présenté sur les réseaux sociaux des listes (prétendument) validées par l’INSAF. Y serait-il pour quelque chose… afin de sonder l’opinion de sa base ? Mais ces listes paraissent si incohérentes et incomplètes qu’on peut à bon droit douter de l’implication des responsables du parti.

Cela dit et même si la finalisation des listes candidates aurait fait, selon diverses confidences, l’objet d’un travail minutieux et concerté, il n’en demeure pas moins que le retard de leur publication donne l’impression qu’on est loin du consensus et de l’unanimité. Des divergences entre prétendants persistent, générant des craintes du côté du parti-État.

Selon les radars et caméras de nos confrères, le président de la République se serait engagé, comme pour anticiper la fronde et la transhumance, à offrir une espèce de compensation aux cadres dont les candidatures ne seraient pas retenues. Il aurait par la même occasion intimé l’ordre aux déboutés de s’abstenir de chercher parrainage sous d’autres couleurs. À quoi donc auront servi les appels du pied du parti au respect de la discipline au sein de la grande troupe INSAF ?

Si ces rumeurs se confirment, on y verra comme une victoire des tribus et des généraux, alors que les fonctions officielles ne devraient jamais faire l’objet de marchandages et de compromissions. Mais les accouchements de listes ne sont-ils pas toujours effectués dans la douleur ?

On scrutera avec intérêt le travail des coordinations régionales déployées sur le terrain. Elles vont à la rencontre des structures locales (sous-sections, sections et fédération) pour trouver des arrangements entre les prétendants. Dieu sait qu’ils sont très nombreux à manifester leurs ambitions ! N’ayant pas pris le risque d’édicter des critères précis de choix ni d’organiser des primaires en son sein, cela laisse à l’INSAF encore beaucoup de portes ouvertes, d’autant plus qu’il a invité tous les partis de la majorité à unir leurs forces dans des listes communes…

Invitée-surprise dans l’arène

Pendant que les partis planchent sur ces fameuses listes, surprise ces derniers jours : l’entrée de la Première dame sur l’arène! Madame Mint Vadel Dah s’est en effet investie auprès des femmes en réclamant que l’INSAF leur réserve davantage de places. La voilà donc à la tête d’un important plaidoyer en faveur du genre qui pourrait avoir retardé la publication des listes du parti et peser sur leur composition.

On ne doute pas que les responsables du parti ne s’arrachent les cheveux pour accéder à la requête de cette gynécologue qui prend visiblement le goût de la lumière. Elle s’investit dans le social, en y affichant sans équivoque sa sororité avec ses semblables en genre.

Des partis aux aguets

Pendant que les gynécologues d’INSAF s’attellent à décider si leurs patientes doivent accoucher par voie basse ou césarienne, les responsables des autres partis de la majorité et de l’opposition continuent à publier, goutte à goutte, leurs listes candidates. Certains « partis d’élection » connus pour leur stratégie opportuniste attendent la publication des listes INSAF pour se ruer sur les déboutés.

D’autres sont sur le terrain en quête de candidats. On perçoit dans ce cadre la rumeur d’une singulière alliance électorale entre l’INSAF, le RFD et l’UFP. Rumeur au demeurant vite démentie par le vice-président de l’UFP, Gourmo Abdoul Lô. Tête de la liste nationale de ce parti, il en exclut formellement l’hypothèse, tout en rappelant que son parti est disposé à des concertations pour améliorer le processus électoral et trouver des solutions aux problèmes que vit notre pays.

La leçon de ces grands partis est bien rodée depuis le PRDS: on vous parraine, on finance votre campagne… Les conseillers municipaux, régionaux et les députés permettront de renflouer les caisses des partis toujours vides ou fort trouées.

Avec tant d’incertitudes, au final, que plusieurs formations avaient exprimé, lors des concertations avec le ministère de l’Intérieur, le souhait de voir l’État délier suffisamment le cordon de la bourse pour permettre à tous les partis de bien mener leur campagne. En vain. C’est dire combien les heures, voire les jours à venir, seront déterminants pour tous les acteurs politiques. Et combien fragiles sont, dans les faits, les piliers de notre démocratie pluraliste…

Dalay Lam

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Listes candidates d’INSAF : Enfin, elles tombent à compte-goutte

Au moment où nous mettons sous presse, on apprend la publication des listes candidates du parti INSAF pour les différents scrutins de mai prochain. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’accouchement n’a pas été des plus douces.

Les dames listes ont fait un long travail assisté par les têtes pensantes du principal parti de la majorité présidentielle. Si les candidats aux municipales et aux régionales sont livrées, les listes nationales mixtes, des femmes et des jeunes devraient tomber incessamment ou au plutôt en fin de semaine. Et comme en pareille circonstance, il y a eu des heureux mais également des malheureux, qui visiblement n’auront presque que très peu de temps pour se parachuter ailleurs.

Les esprits malins avaient certainement préparé leurs dossiers et pris langue avec les partis de la majorité. Le parti s’est donné suffisamment de temps pour éviter une hémorragie, comme par le passé. Et davantage limiter des ruées vers d’autres partis. INSAF a choisi de reconduire certains présidents de régions – pas de surprise pour la présidente de Nouakchott, Fatimétou Mint Abdel Malick, mais il a aussi apporté quelques « réajustements » pour les parlementaires et pour les maires.

La promesse prêtée au président de la République de récompenser tous les candidats déboutés, par des postes de responsabilité pourrait dissuader ceux qui mijotaient de trouver d’autres parrains. Ils ne manqueront pas, au lendemain du scrutin de courir au Palais, à la primature et au ministère de l’intérieur, pour réclamer le prix de leur « loyauté ».

L’INSAF semble redouter de fortes empoignades dans certaines circonscriptions. Les coalitions des partis de l’opposition pourraient bien mettre en ballotage les candidats du pouvoir si bien entendu, la fraude ne s’en mêle pas, comme elles le redoutent déjà. Qu’à cela ne tienne, des choix contestés dans certains départements jugés « stratégiques » ne manqueront pas de profiter à d’autres formations politiques.

Mais au fond pas grand-chose a changé. Les critères de choix restent toujours opaques et subjectifs. Si certains sont cooptés grâce à leurs bras longtemps, d’autres tirent leur épingle du jeu en misant gros. Des rumeurs évoquent plusieurs millions d’ouguiyas. Ceci serait valable aussi bien pour quelques partis de la majorité et peut-être même de l’opposition.

Des partis démarchent de gros commerçants en contrepartie des sièges de députés. « On s’achemine vers un parlement de « tevayas » et de courtiers », redoute Abderrahmane Marrakchy, ex-député du parti Sursaut dans une interview au Calame. Allez, on attend la suite !